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Maria Valtorta en résumé : l'Annonciation.

Dans la paisible maison de Nazareth, Marie, âgée d'environ quinze ans, mène une vie simple et recueillie. Assise dans sa petite chambre, elle file du lin dans un silence empreint de paix.
EMV 16, L'Annonciation
La pièce est très humble, mais d'une propreté parfaite et d'une grande dignité. Tout y respire l'ordre, la pureté et la sérénité.
En travaillant, Marie se met à chanter un cantique en hébreu qui devient peu à peu une ardente prière. Elle supplie Dieu d'envoyer enfin le Messie promis, demande que vienne le Prince de la Paix et offre même sa propre vie pour hâter la Rédemption, sans imaginer qu'elle est précisément la Vierge choisie pour enfanter le Sauveur.
Soudain, une lumière d'une blancheur surnaturelle envahit la chambre. Sans que le voile de la porte ne s'ouvre, l'archange Gabriel apparaît, rayonnant d'une beauté qui dépasse toute réalité terrestre. Il se prosterne devant Marie avec un profond respect et la salue :
« Je te salue, Marie, pleine de Grâce. »
Marie est saisie de …Plus

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🤡 Pourquoi l'Évangile est-il si sobre? 🤡Cet article contient une intuition théologique juste, mais il en tire ensuite une conclusion qui ne s'impose nul part.
C'est précisément là que se situe sa faiblesse.
Voici comment l'analyser.
1. Son point de départ est excellent
L'auteur rappelle plusieurs vérités profondes :
- les Évangiles sont volontairement sobres ;
- chaque détail retenu est significatif ;
- le but de l'Écriture n'est pas de satisfaire notre curiosité ;
- la Révélation publique est complète en Jésus-Christ ;
- l'Écriture conduit à la contemplation plus qu'à la simple érudition.
Tout cela est profondément traditionnel.
Vous remarquerez d'ailleurs que cela rejoint presque mot pour mot ce que disent de nombreux Pères de l'Église.
Jusque-là, il n'y a pratiquement rien à redire.
2. Là où le raisonnement devient discutable
L'auteur semble sous-entendre :
"Puisque Dieu a voulu des Évangiles sobres, toute tentative de les développer est contraire à la volonté divine."
Or cette conclusion ne découle absolument pas des prémisses.
C'est un saut logique.
En logique, cela reviendrait à dire :
- "Dieu a choisi quatre Évangiles sobres."
-
🤡"Donc Dieu ne peut plus jamais donner de méditations ou de lumières privées développant certains épisodes." 🤡
---> La seconde proposition ne découle pas de la première.
3. Les Évangiles eux-mêmes annoncent qu'ils sont incomplets
C'est ici que l'argument devient particulièrement fragile.
Saint Jean écrit :
« Jésus a fait beaucoup d'autres choses… »
puis
« Le monde entier ne suffirait pas à contenir les livres... »
Jean insiste donc lui-même sur le caractère sélectif de son récit.
Autrement dit :
---> la sobriété ne signifie pas que le reste n'existe pas, ou qu'il serait nuisible.
Elle signifie seulement :
- ce reste n'était pas nécessaire au salut.
C'est très différent.
4. La Tradition confirme cette distinction
Si l'on suivait jusqu'au bout la logique de L.E., il faudrait également rejeter :
- les noms d'Anne et Joachim ;
- la Présentation de Marie au Temple ;
- plusieurs traditions liturgiques antiques ;
- quantité de détails rapportés par les Pères ;
- les stations du chemin de Croix dont les Évangiles ne parlent pas.
---> Pourtant, l'Église ne l'a jamais fait.
Elle a toujours distingué :
- ce qui appartient au dépôt de la foi ;
- ce qui relève de traditions vénérables ou de révélations privées.
Autrement dit :
---> la sobriété des Évangiles n'a jamais empêché l'Église d'accueillir d'autres traditions lorsqu'elles étaient jugées compatibles avec la foi.
5. Le paradoxe de L.E. 🤡
C'est peut-être le point le plus frappant. 🤡
Dans ses autres articles, L.E. décrit très abondamment :
- les vêtements de Marie ;
- l'architecture de Nazareth ;
- les habitudes alimentaires ;
- la vie quotidienne ;
- les coutumes juives.
Il le fait à partir de l'archéologie et de l'exégèse.
---> Or ces détails dont il se délecte visiblement ne figurent pas davantage dans les Évangiles.
L'auteur accepte donc lui-même qu'il soit légitime de compléter notre connaissance du contexte historique lorsque cela repose sur des sources qu'il estime fiables, mais pas sur d'autres qu'il rejette arbitrairement.
Dès lors, la question n'est plus :
« Peut-on compléter notre connaissance ? »
Il répond déjà oui.
La vraie question devient :
« Quelles sources peut-on utiliser ? Seulement celles approuvées par L.E., et aucune autre ?»

C'est une question entièrement différente.
6. Maria Valtorta ne prétend pas compléter la Révélation
C'est un point souvent oublié.
Dans la perspective catholique, les écrits de Maria Valtorta ne prétendent pas :
- ajouter un nouveau dogme ;
- compléter l'Évangile au sens de la Révélation ;
- remplacer l'Écriture.
Ils proposent une contemplation développée de scènes évangéliques.
L'Église enseigne précisément que les révélations privées, même lorsqu'elles sont reconnues dignes de foi humaine, n'appartiennent pas au dépôt de la foi.
---> Autrement dit, leur existence n'entre pas en concurrence avec la sobriété des Évangiles.
7. Une notion que l'article ne prend pas en compte : la pédagogie progressive
On peut aller plus loin.
Dieu a voulu :
- des Évangiles extrêmement sobres au Ier siècle ;
- puis une Tradition vivante ;
- puis des siècles de contemplation des saints ;
- enfin, chez certains mystiques, des méditations plus développées.
Il n'y a aucune contradiction entre ces différents niveaux.
---> C'est exactement ce que l'on constate dans toute l'histoire de la spiritualité catholique :
les commentaires de :
- saint Augustin d'Hippone,
- saint Thomas d'Aquin
- ou saint Jean de la Croix développent eux aussi considérablement le texte inspiré, sans prétendre l'augmenter.

Conclusion
Cet article contient une belle méditation sur la nature des Évangiles, mais il devient beaucoup moins convaincant s'il est utilisé comme argument contre les révélations privées.
- En réalité, la sobriété des Évangiles démontre seulement que Dieu n'a pas jugé nécessaire de tout révéler dans l'Écriture.
- Elle ne démontre pas que Dieu ne puisse jamais accorder, dans l'histoire de l'Église, des lumières privées destinées à nourrir la contemplation, à condition qu'elles ne prétendent ni corriger ni compléter la Révélation publique.
🤡 On peut même relever une certaine tension interne dans la démarche de L.E.: 🤡
- d'un côté, l'auteur célèbre à juste titre le caractère non exhaustif des Évangiles ;
- 🤡 de l'autre, il enrichit lui-même leur cadre historique grâce à l'archéologie et à l'exégèse 🤡 , tout en dénonçant la démarche consistant à enrichir ce cadre historique par d'autres sources que celles qu'il approuve ! 🤡🤡🤡
La question de fond n'est donc pas de savoir s'il est légitime d'éclairer les silences des Évangiles,
mais selon quels critères on évalue les différentes sources susceptibles de le faire.
---> C'est sur ce terrain que devrait se situer le débat avec Maria Valtorta, plutôt que sur le seul argument de la « sobriété » évangélique.

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L'article de L.E. manque également de l'intuition nécessaire pour expliquer la sobriété des Évangiles canoniques.
Les quatre Evangiles en effet auraient pu d'après l'apôtre saint Jean lui-même contenir des dizaines et des dizaines de chapitres supplémentaires, y apportant un nombre considérables de détails qui nous sont inconnus, mais dont chacun des onze apôtres avait été témoin oculaire - et c'est un truisme de préciser que cela n'avait pas empêché le développement de sa foi au Christ ! -
Saint Jean veut seulement nous faire sentir que :
- Le plus important pour un homme n'est pas de revivre tout ce que les apôtres ont vécu, d'entendre tout ce qu'ils ont entendu en suivant le Christ pas à pas durant trois ans. Ce serait un plus, certes, mais pas une nécessité absolue ;
---> Le plus important pour lui est de parvenir personnellement à CROIRE EN JÉSUS-CHRIST, le Fils de Dieu fait chair, et d'entrer en relation vivante avec Lui. C'est à ce but que le mènent sobrement la lecture des Évangiles canoniques.
- Or, devenir croyant n'est pas une petite aventure personnelle : cela se vit en Église, par la pratique des sacrements, et tout spécialement au cours de la sainte Messe, durant laquelle est proclamée l'Évangile.
---> D'OÙ LA NÉCESSITÉ DE LA SOBRIÉTÉ DES ÉVANGILES, qui ne peuvent donner lieu à des séances de lectures publiques pendant des heures et des heures. La Messe dure une heure, la lecture de l'Évangile doit pouvoir durer de 2 à 5mn, pas davantage.
---> La lecture d'une révélation privée de 5500 pages n'a donc pas sa place dans la liturgie, qui est le coeur battant de la vie de l'Église.
Elle peut par contre être lue avec fruit en privé, sans aucune obligation pour le fidèle qui demeure libre de préférer la lecture de tel écrit de saint plutôt qu'un autre : la Tradition est bien trop vaste pour une seule âme !
Dieu a voulu donner à chacun un maximum de choix, et doit être loué pour sa très sage Providence.