Que penser des prochains sacres de la FSSPX ? Partie 4
youtube.com/watch?v=-t_zjka_Rfc Chers auditeurs, je reviens vers vous pour vous parler d'un sujet brûlant : les prochains sacres à la Fraternité St Pie X. Je ne peux me résoudre à garder le silence sur un sujet aussi important : on ne va pas au schisme, le sourire aux lèvres, cela me parait extravagant. Je vous invite à bien écouter ces vidéos pour prendre connaissance d'éléments qui sont peu évoqués lorsqu'on parle de ce qui se trame à Econe. Cette analyse n'engage que moi bien évidemment mais j'ai la faiblesse de penser que les arguments que j'apporte sont essentiels.
"Observez le mécanisme en œuvre, qui n'est pas de la théologie, mais de la psychopathologie sociale. Ariane Bilheran en a posé la grammaire mieux que personne : la paranoïa ne naît pas du dénuement, elle naît du privilège. C'est précisément quand on détient quelque chose d'exorbitant ( une position, une exception, un statut qu'on s'est soi-même octroyé) qu'on commence à redouter qu'on vienne le reprendre. Le privilège engendre la menace imaginaire, parce qu'il n'a aucun titre stable qui le légitime : il faut donc le défendre sans cesse, contre tout le monde, y compris contre ceux qui n'attaquent rien. La FSSPX vit exactement cette dynamique depuis quarante ans. Elle s'est arrogée une autonomie de fait ( autocéphalie pratique, juridiction déguisée, sacres sans mandat) en l'habillant en nécessité, puis en fidélité, puis en mission providentielle. Mais un privilège qui ne repose sur aucune communion réelle ne peut que produire de l'angoisse permanente : chaque geste de Rome, même un geste de miséricorde, est relu comme une manœuvre pour reprendre ce qu'on n'a jamais légitimement reçu. D'où la lecture systématiquement complotiste de toute ouverture pontificale, d'où la défiance instituée comme vertu, d'où ce réflexe de voir dans Fernández, dans le pape, dans l'église dite " conciliaire" en bloc, des adversaires qui en veulent à leur existence, alors que personne, structurellement, ne menace une fraternité qui s'inquiète tant. C'est le contraire absolu de la vie spirituelle. La sainteté ne se défend pas, elle se reçoit ; elle n'a pas besoin de remparts parce qu'elle n'a rien à perdre que Dieu ne lui redonne. La paranoïa, elle, vit de l'instinct de propriété : "ce que j'ai m'appartient et on veut me le voler." Substituer cet instinct à l'abandon filial, c'est précisément la pente glissante que Mgr Lefebvre a initiée sans le mesurer, et que ses héritiers ont rendue systémique, jusqu'à faire de la méfiance une discipline et du sacre désobéissant un acte de "résistance" sacrée". Estelle Lallemand