Lux Æterna

Sauvée par la liberté religieuse: l’Inquisition aurait-elle brûlé la FSSPX?

​Nous le savons, la FSSPX souhaite revenir à l'Église en temps de chrétienté. Mais pour cela, elle utilise des méthodes qui l'auraient alors conduite au bûcher. C'est le paradoxe absolu et l'ironie la plus totale de toute cette histoire. La FSSPX prétend combattre pour la restauration de l'Église triomphante de la chrétienté alors qu'elle se conduit exactement comme les dissidents et les révoltés que l'Église condamnait alors.
​C’est le nœud de leur contradiction interne, la mascarade que si peu de traditionalistes veulent voir. Voyons cela quand même.

​1) Ils utilisent la liberté moderne pour réclamer la théocratie
​Ils ne survivent aujourd'hui que grâce aux lois des démocraties modernes (la liberté d'association, la liberté d'expression, la liberté de culte) qu'ils condamnent pourtant dogmatiquement dans leurs textes. Dans l'État catholique idéal qu'ils appellent de leurs vœux, un groupe qui s'opposerait au Pape comme ils le font serait immédiatement interdit, ses séminaires saisis et ses chefs jetés en prison.
​Les lefebvristes sont donc protégés du bûcher par la liberté religieuse de Vatican II qu'ils combattent, les droits de l'homme qu'ils détestent, et la tolérance de l'Église catholique actuelle qu'ils méprisent.

​2) Le Pape possède l'autorité de droit divin... sur le papier seulement
​C'est le sommet du paradoxe et de la contorsion théologique. En théorie, sur le papier, les lefebvristes défendent une vision absolue du Pape : il est le vicaire du Christ, le monarque suprême. Mais en pratique, dès que les décisions de Rome ne leur conviennent plus, ils passent leur temps à minimiser au maximum l'autorité pontificale. Ils se sont transformés en experts du tri juridique, traquant sans cesse la moindre faille, le moindre décret « faillible » ou la moindre déclaration « pastorale » pour justifier leur insoumission.
​Ils se retrouvent obligés de dire : "Le Pape se trompe, le Pape est aveuglé, donc nous devons lui désobéir pour obéir à la Tradition." Or, dans l'Église coercitive qu'ils regrettent, s'ériger ainsi en censeur du Pape et passer son autorité au tamis du jugement personnel était le premier pas vers l'hérésie. L'Église a toujours appliqué l'adage canonique suprême : « Le Premier Siège n'est jugé par personne » (Prima Sedes a nemine judicatur). C’est exactement ce que l'Église reprochait à Savonarole ou aux Spirituels franciscains : prétendre avoir raison contre le Pape en théorie tout en refusant de lui obéir en pratique au nom d'une fidélité supérieure.

​3) Ils sont devenus ce qu'ils détestent : des protestants de droite
​Sans s'en rendre compte, en plaçant leur propre discernement (leur interprétation de ce qu'est la "Vraie Tradition") au-dessus de l'autorité vivante de l'Église actuelle, ils font exactement ce que Jean Calvin ou Martin Luther ont fait au XVIe siècle. Ils ont créé une Église parallèle, avec leurs propres évêques, leurs propres séminaires, et même leurs propres tribunaux pour annuler les mariages, en totale rupture de communion avec Rome. C'est un libre-examen inversé : au lieu de dire "Je lis la Bible et je décide contre le Pape", ils passent leur temps à évaluer le Magistère et disent "Je lis les vieux textes, je décrète que le Pape est faillible, et je décide contre lui". La structure mentale est strictement la même : c'est le triomphe du jugement privé contre l'obéissance.

​Conclusion
​Le combat lefebvriste est une profonde illusion. Mais d'un certain côté, il est très dangereux pour les individus. Si, à Dieu ne plaise, nous revenions à l'Église coercitive et intransigeante des temps de chrétienté ou de la Contre-Réforme, voici la réalité à laquelle il faudrait s'attendre :

-​L'autonomie de la conscience humaine est un « délire » : Dans l'encyclique fondamentale Mirari vos (1832), le pape Grégoire XVI fustige l'idée même que l'homme puisse disposer d'une liberté de conscience inviolable. Il qualifie cette autonomie de la pensée de « maxime absurde et erronée », de « délire » et de « source empoisonnée ». Quelques décennies plus tard, en 1864, Pie IX enfonce le clou dans l'encyclique Quanta Cura en réaffirmant que la liberté individuelle de conscience est « funeste au maximum pour l'Église catholique et le salut des âmes ». Pour ce magistère intransigeant, l'esprit humain n'a aucun droit à l'indépendance : l'Église a le devoir strict d'exercer une force coercitive (y compris par la puissance publique et pénale, comme le rappelle la proposition 24 du Syllabus) pour soumettre l'individu et briser son jugement propre afin de le maintenir de force dans la Vérité.

-​La coercition physique et la mort des hérétiques sont requises : Dans la bulle Ad extirpanda (1252), le pape Innocent IV autorise et codifie officiellement l'usage de la torture par l'Inquisition pour arracher les aveux des suspects d'hérésie. De son côté, le Catéchisme du Concile de Trente (1566) stipule explicitement que l'autorité civile a le droit légitime de recourir à la peine de mort, sous l'analogie de la justice divine, pour éliminer les corrupteurs de la foi et protéger la communauté (Partie III, Chap. 6, Q. 4).

-​Le châtiment de l'opposant est sanctifié par le Pape : Dans la bulle Exsurge Domine (1520), le pape Léon X condamne formellement la thèse de Luther selon laquelle « brûler les hérétiques est contre la volonté de l'Esprit » (Prop. 33), érigeant ainsi l'usage de la force contre la dissidence en acte formellement approuvé par l'institution d'alors.

-​Les massacres de civils sont célébrés au Vatican : En 1572, le pape Grégoire XIII fait chanter un Te Deum et fait frapper une médaille officielle commémorant le massacre de la Saint-Barthélemy (Ugonottorum strages / « Le massacre des Huguenots »), représentant un ange exterminateur l'épée à la main face aux hérétiques.

-​L’autonomie face aux Écritures est interdite aux fidèles : Dans la bulle Unigenitus (1713), le pape Clément XI condamne formellement comme hérétique l'idée janséniste que « la lecture de la sainte Écriture est pour tout le monde » (Prop. 80), verrouillant l'accès direct au texte sacré hors du contrôle clérical.

-​La haute mystique est criminalisée : Dans la bulle Coelestis Pastor (1687), l'institution condamne le quiétisme, proscrivant la contemplation intérieure et la vie mystique directe, car elles court-circuitent le contrôle et la médiation obligatoires de l'appareil clérical.

Prions le Seigneur pour le remercier de tout notre cœur pour la libération que nous a donné Vatican2 malgré ses dommages collatéraux, remercions Le de nous avoir fait naître dans notre époque où nous sommes libre de le choisir, libre de pouvoir lire son Évangile béni sans restrictions, libre de chercher la vérité par nous même, libre du cléricalisme liberticide, libre de la contrainte sociale, libre d'être tout à Jésus sans gendarme pour contrôler notre vie d'amour avec lui, libre de pouvoir étudier et confronter les affirmations des clercs. C'est cette liberté qu'elle combat et qui permet pourtant la fsspx d'exister, mais dans son aveuglément, elle ne le comprend toujours pas.
KYRIE ELEISON.
1774
Léon XIV

Selon leur mauvaise compréhension du dogme sur l’infaillibilité pontificale, leur Pape serait infaillible qu'à temps partiel et donc il cesserait d'être le pasteur universel de l'Église à certains moments de la journée et se serait cela, le roc inébranlable sur laquelle repose l'Église. C'est toujours fascinant de voir comment les lefebvristes arrivent à confondre du sable mouvant pour le roc du dépôt de la Foi.